Être confronté au corps

Saison : 2025/2026 - Artistes : Compagnie Casa Otra - Établissements : Groupement des Hôpitaux de l’Institut Catholique de Lille

« Être confronté au corps de l’autre en mouvement, dans son énergie, sa fragilité, sa beauté ou encore dans le rire, est quelque chose de très précieux »

Trois questions à Philippe Chambaud, psychiatre et addictologue, responsable du service de psychiatrie adulte et d’addictologie à Saint-Vincent.

Vous avez participé à la sélection des artistes. Comment s’est opéré votre choix ?

L’an dernier, nous avons reçu une quinzaine de propositions de compagnies, toutes très différentes et assez originales. Le choix n’a pas été simple. Nous avons donc établi une forme de classement, en fonction de ce que nous imaginions pouvoir se déployer dans les espaces de l’hôpital : à la fois dans les lieux de soins, mais aussi dans les interstices, comme les couloirs.

Nous avons ensuite été ravis d’apprendre que cette compagnie avait été retenue. Selon les services, la culture de soin varie, mais en psychiatrie et en addictologie, notamment parce que nous accompagnons beaucoup de jeunes patients souffrant de troubles alimentaires, âgés de 15 à 25 ans, une partie importante du soin repose sur l’expérience vécue avec les patients, notamment à travers des médiations corporelles et artistiques.

En quoi ce type d’intervention artistique fait-il écho à vos pratiques de soin ?

Ce n’est pas inhabituel pour nous d’accueillir des intervenants extérieurs, comme des art-thérapeutes ou des médiateurs, même si ici, la démarche est différente puisqu’elle se déploie à l’échelle de tout l’hôpital.

Ce qui est particulièrement riche dans cette proposition, c’est la manière dont elle mobilise le corps : ni un corps souffrant, ni un corps médicalisé, ni un corps esthétisé à l’extrême, mais un corps sensible, dynamique. Pour les patients, cela peut être très inspirant, car cela rejoint certaines dimensions du soin que nous travaillons déjà.

Qu’est-ce que le spectacle vivant, et notamment le travail autour du corps, peut apporter dans ce contexte ?

Cela pourrait aussi passer par la musique. Il me semble que cela relève plus largement du spectacle vivant. Être confronté au corps de l’autre en mouvement, dans son énergie, sa fragilité, sa beauté ou encore dans le rire, est quelque chose de très précieux. Il y a là quelque chose qui peut suspendre le regard, créer une forme d’attention particulière chez les patients.

La dimension acrobatique ajoute un aspect spectaculaire, mais au-delà de la performance, ce qui frappe, c’est la liberté de ces corps en mouvement. Ce type d’expérience peut ouvrir des espaces nouveaux dans le rapport au corps et dans son image : un corps créatif, libre, qui échappe aux assignations habituelles.

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